Pourquoi regrouper ces toiles sous le nom de carnet de voyage ? Parce que tout cela est un peu ethnique, ou de représentation lointaine d’Asie, ou même encore utilisant des pigments bleu du Maroc.
Ce bleu de Chefchaouen, justement, est de la peinture à la main, je veux dire sans pinceau ni autre ustensile. Il y a encore là une gestuelle à peindre. Une répétition du mouvement des mains à partir d’une partition griffonnée au crayon sur un calepin. Comme un danseur qui répète ses pas de loin sur la scène ou un écuyer sur son parcours d’obstacles, je repasse dans le vide les mouvements de mon trait avant de me jeter sur la toile immaculée, sans  retouche possible. Ensuite viennent les bandes. Sur Arcos y figurent des mots, disons un peu choisis. Alors il y a pendu, un petit dictionnaire sur papier de Chine en forme de petit livre rouge.
Sur les bandes de Danse, on retrouve des élément du sujet principal : une femme qui danse, un homme ithyphallique, résultants de projections sur papier de chine puis déchiré et marouflé sur la toile. Il est bien souvent que je ne sache pas ce qu’il adviendra de ma toile. C’est une forme qui appelle la suivante, une couleur qui en réclame une autre, et sur Terrasses, sont venus les petits bonhommes. Ils n’étaient pas dans ma tête, mais vagabondaient au bout de mes doigts. C’est un peu cela aussi Carnet de Voyages.