Je me suis souvent demandé pourquoi un pianiste n’était jamais rangé dans la catégorie des travailleurs manuels ou sportifs.
Faire du cent soixante seize chrono sur un clavier glissant de plus de cinq octaves, monter et descendre les touches noires et blanches, et sans parler du jeux de pédale, plus calme je vous l’accorde, quelle performance ! Il en va de même pour nombre d’artistes.
La peinture pour moi demande une implication, sinon sportive, au moins manuelle, et j’ai tendance à croire que c’est le geste, le bruit de la toile, le glissement calme du pinceau, le grattage des couteaux qui me procure une divine frénésie de peindre. L’aspect sportif pourrait se prévaloir seulement dans le transport des toiles et l’accrochage.
Peintures tactiles, textures et matières ! Au delà de jouer dans la lumière à coup sûr, la texture apporte soit une facilité de création soit une contrainte dans l’aposement d’une couleur ou le tracé d’un trait. Mais elle détermine sûrement la direction de l’œuvre.
Combien de murs n’ai-je pas regardé fasciné. On m’a vu les yeux rivés sur un mètre carré de salpêtre, d’écaillement ou d’ombre portée dans un musée, une rue, une cathédrale ou un château ; au lieu de m’émerveiller de ce qu’il y avait à voir.