Il y a des impulsions où le désir physique de peindre dépasse le sens des choses. La peinture a un rythme, une émotion du corps.
Sur des fonds de couleurs, je gratte et j’éructe des écritures, comme lorsque j’étais enfant et que le désir d’écrire me poussait à déjà en faire le geste avant que de savoir les lettres .
La peinture a parfois une rêverie des mots et il est difficile d’écrire un roman, alors on pioche des lettres au hasard.
Quand le mouvement du corps prédomine, c’est merveille de maîtriser, par la projection, le vol de la couleur qui s’échappe du pinceau avant de maculer la toile par une maîtrise du hasard. Il reste à ne pas se laisser surprendre par le geste de trop.
Il y a aussi des batailles avec la matière souple ou granuleuse. Matériaux de construction modelés sous plastique , toile  de jute épaisse confrontée aux poils soyeux d’un pinceau de chine.